Beaucoup de choses se sont passé durant mes cinq ans à modérer et administrer des réseaux sociaux transgenres. J’ai beaucoup participé, j’ai lancé des événements, j’ai aidé des débutantes, j’ai modéré certaines dérives et j’ai parfois pris de grosses claques dans la tronche. Malgré les coups et le temps de m’y remettre, j’ai toujours vu le positif dans mes actions. Les trolls sont une minorité comparée aux gens qui ont réellement besoin d’aide et les personnes bienveillantes sont heureusement plus nombreuses. Mais ces derniers mois, le flux répétitif des accusations, des insultes et autres joyeusetés ont sérieusement ébranlé ma motivation.

L’impression d’être un monstre

Vous avez devant vous une personne à l’origine d’une tentative de suicide, un nazi, un machiste, un voleur, un transphobe et j’en passe. Je pourrais également vous donner une liste des nombreuses menaces qui pèsent sur moi. Un CV digne de Voldemort, Dark Sidious ou de Sauron. Pourtant, et je vous le jure, je n’ai pas tué de petit chaton ou voté Donal Trump. Non, il s’agit de réaction à des échanges sur des réseaux sociaux transgenres, où je n’ai fait que donner une opinion, un conseil, demander un avis ou lancer une idée. Je n’ai jamais insulté ou menacé qui que ce soit. Mes milliers de contributions peuvent en témoigner. Malgré tout, je suis parfois traité au même niveau qu’un monstre. Sincèrement, avec mes créations et publications j’ai souvent vu débarquer des intolérants de tous bords avec leurs messages transphobes et haineux. Des choses que je ne peux même pas citer ici. Mais au jeu des comparaison, j’ai certainement pris plus cher et de manière insidieuse par des membres de la communauté T. C’est un comble quand on y pense. Non ?

Chercher l’erreur….

De nombreuses remise en question

J’ai beau faire le fort en apparence, je ne suis jamais ressorti indemne de ces accrochages qui vont parfois très loin. Que voulez-vous, je suis certainement un grand sensible moi aussi. Je suis une personne de chair et d’os avec un petit cœur qui bat. Je ne suis pas un robot et je me suis remis en question à de nombreuses fois : « Est-ce que j’ai mal agi ? », « Qu’est-ce qui cloche avec mes échanges ? », « Est-ce que je suis un connard ? », « Pourquoi une fois sur cent ça bloque ? » … C’est très pesant. Car avant de blâmer mes accusateurs, je me blâme moi-même. J’ai beaucoup réfléchi, j’ai souvent mis du temps à m’en remettre et j’ai tiré quelques conclusions. J’évite de faire du second degré, je ne donne plus aucune critique constructive sur un look, je ne m’affiche plus et je n’essaie plus de transmettre mes convictions. Car les mauvaises interprétations et les sensibilités à fleur de peau sont un cocktail qui peuvent faire partir le moindre sujet en point Godwin.

La peur de mes mots

Alors oui, ce genre de principes risque de donner des conversations pour le moins mornes et superficielles. J’en suis le premier peiné. J’adore échanger, discuter, voire débattre cordialement. Je veux de la substance dans les écrits. Si vous saviez comment je tourne cent fois autour de mon clavier pour prendre part à certains échanges. Est-ce que je vais écrire ce que je pense vraiment des catégorisations de la communauté T ? Est-ce que je vais dire à cette fille que son fond de teint est mal choisi ? Est-ce que je vais faire ce jeu de mot fantastico-cosmique qui me démange les doigts ? Malheureusement, je me ravise dans la plupart des cas. Je suis fatigué de devoir peser chacun de mes mots, fatigué de n’être pas moi-même : quelqu’un de spontané, énergétique et trop gentil.

Des remords

Malgré tout, je me dis que mon attitude est égoïste. J’ai certainement beaucoup plus aidé que peiné par mes écrits sur les forums ou les réseaux sociaux. Vos messages et courriels en témoignent régulièrement. C’est dommage d’en arriver là pour une poignée d’esprit chagrin. Je pourrai encore organiser des choses, conseiller des personnes dans le besoin et donner mon opinion et mon retour d’expérience sur bien des sujets. Sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de membres formidables qui méritent que l’on se donne à fond, que l’on se batte et que l’on ne lâche rien face aux trolls, aigris et intolérants. Mais je sature, je suis las d’ennuyer mes proches avec ma peine.

Penser à ma sécurité

Où situer les remords quand je dois penser à ma personne et me protéger de nombreux tracas ? Comme je le disais précédemment, il y a les remises en question et les mauvaises nuits qu’impliquent les trolls en tous genres, mais je pense également à ma sécurité. J’ai déjà eu la visite d’un stalker chez moi et quelques rencontres malveillantes par le passé. Mais avec Metamorphoz.me, je suis totalement transparent et vulnérable. J’ai maintenant mon adresse postale, mon nom qui sont visible un peu partout sur Internet. Est-ce qu’un jour je ne vais avoir une personne à ma porte avec un tas de mauvaises intentions ? Tout cela parce que j’ai simplement proposé de faire une carte de France des membres (c’est du vécu) ? J’en ai bien peur vu les menaces que je reçois parfois. Il n’y a pas demi-mesure chez certaines personnes.

Une petite recherche sur Google est on tombe très vite sur mon adresse, mon numéro de téléphone, mon numéro de SIRET et j’en passe.

Penser à mon avenir

Je pense également à mon avenir. Très prochainement, je souhaite vivre de Metamorphoz.me et je peux vous dire qu’une personne mécontente de vos écrits sur les réseaux sociaux peut vraiment faire de sérieux dégâts sur votre image et votre entreprise. J’ai encore fait les frais de cette amère expérience il y a quelques jours à peine. En lançant un sujet sur une ligne de vêtements transgenre, j’ai vu les discussions dériver et partir sur les coûts d’une Metamorphoz et sur d’autres parties du site, je volais « l’argent des abonnés » selon une personne mal intentionné. Je ne comprends toujours pas, je demandais juste à avoir quelques questions à poser à une styliste. Alors, est-ce qu’il s’agit de jalousie ou d’un déni de sale gueule sur ma personne, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, ces échanges totalement surréalistes m’ont fait réfléchir sur la pérennité de mon entreprise. Il est bien plus facile et rapide de détruite que de construire.

Soutenons les réseaux sociaux transgenres

Ces mêmes personnes ou leurs semblables qui ont eu à l’usure un bon paquet des réseaux sociaux transgenres francophones. Je pense notamment à Tgirls.fr qui a fermé, à Hommefleur scindé maintenant en deux, à Txy bien moins actif et bien d’autres. Cela m’attriste de voir la connerie, l’individualisme et l’orgueil l’emporter sur le partage et l’enthousiasme. Je tiens d’ailleurs à tirer mon chapeau à Julien d’Andromède qui malgré les nombreuses attaques est toujours là pour la communauté, depuis tant d’années. Comme moi il a été jugé de tous les mots et encore récemment de voleur, de dictateur et sa compagne a même été menacé. Je suis admiratif devant sa force de caractère et je le soutiens complétement. Soutiens d’autant plus important qu’on est souvent bien seul face aux attaques. Ce genre de réseau social est important pour beaucoup de personnes, moi y compris. Ils ne doivent pas disparaître et il faut des personnes pour les maintenir, alors soutenons les.

M’effacer des lieux d’échanges transgenres

Il est temps pour moi de prendre du recul sur les réseaux sociaux transgenres. Terminées les modérations et les grandes envolés lyriques. Je vais devenir un membre plus effacé. Je suis désolé d’en arriver là pour quelques imbéciles, mais je suis vraiment fatigué, blasé et je n’ai pas le courage de continuer pour le moment. Je le souhaiterais et j’ai tenu comme j’ai pu. Car je peux faire tous les efforts possibles, les clashs et autres personnes polluant mon bien-être finissent toujours par revenir. Et je ne sais pas vraiment pourquoi, mon aura peut-être… Dorénavant, je vais me focaliser sur d’autres formes de partage. Il y a bien sûr ce blog qui permet d’être plus posé pour partager mes expériences et mes conseils. Sans oublier Metamorphoz.me qui rentre dans une démarche humaine et constructive avec des échanges plus tangibles.

Un exemple de clash parmi beaucoup. Pour la petite histoire la personne qui m’écrit a passé des soirées chez moi et ma même demandé un stage chez Metamorphoz.me…. Sympa les gens.

Pas d’aigreur, mais un retour d’expérience

Cet article peut sembler à charge contre les réseaux sociaux transgenres. Mais au contraire, je suis convaincu de leur utilité. Ils permettent de mieux se comprendre, de s’accepter, de faire vivre sa personnalité et j’en passe. C’est bien souvent la première pierre d’une nouvelle vie. Alors, prenez ces quelques paragraphes comme un retour d’expérience : gardez du recul sur les écrits de vos semblables, ne prenez pas la mouche au moindre mot et n’interprétez pas à tort et à travers. Tout le monde ne vous veut pas du mal. Si les gens prennent la peine et le temps de vous écrire, c’est dans la grande majorité des cas pour votre bien. Mais l’écriture est un art qu’on ne maîtrise pas toutes et tous comme Voltaire. C’est difficile de faire passer ses idées et ses émotions en quelques mots. Alors ne soyez pas comme ces personnes qui m’ont pourri la vie dans ces lieux d’échanges, respectez vos interlocuteurs et mieux encore, faites preuve d’empathie.

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